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Date de création : 30.12.2007
Dernière mise à jour : 13.12.2011
1867 articles


Lautréamont.

Lautréamont dans la solitude de l'hôtel.

Publié le 10/11/2011 à 23:45 par soleildanslatete Tags : nuit
Lautréamont dans la solitude de l'hôtel.

Bien qu'il brasse des paysages fantastiques, libère de sa cage un bestiaire inquiétant, Lautréamont est un poète cloîtré dans sa chambre. La légende veut qu'il écrive de préférence la nuit (en plaquant de vigoureux accords sur son piano à en croire Philippe Soupault qui doit, là, créer une légende), dans la fatale solitude de ceux qui vivent dans les hôtels, ce qui fut le cas au 7 faubourg Montmartre où il devait mourir.
Il affrontait alors, dans cette solitude nocturne, ses plus furieux démons, ouvrait les portes d'un imaginaire fabuleux et aux couleurs morbides de ses angoisses, et de sa perversité mentale.
On le voit mal, pourtant, dans ce rapport modeste avec les instruments de l'écriture, comme si, les stances infernales des Chants de Maldoror , soufflaient comme une tempête sans qu'ait à intervenir les rites de ce modeste artisanat qu'est l'écriture.

L'énigme d'Isidore Ducasse.

Publié le 26/06/2011 à 12:29 par soleildanslatete Tags : coeur mort vie
L'énigme d'Isidore Ducasse.

Bien avant Christo qui a conduit toute sa carrière artistique sur le principe de l'enveloppement (le développant sur de vastes volumes : le Pont Neuf à Paris) Man Ray en fait usage (d'exception) pour illustrer le souvenir d'Isidore Ducasse "comte" de Lautréamont.
Une pratique pour un sujet, et dans une sorte de cohérence, tant le destin de Lautréamont inspire un grand nombre de questionnements.
L'énigme est au coeur de sa vie (si courte). La véhémence inspirée de sa prose (poétique), l'ignorance à peu près totale de sa manière de vivre, si en revanche on a pu situer géographiquement son territoire de déambulation dans Paris. Du Palais Royal (rue Vivienne) aux Grands Boulevards, via la Bourse.
Voisin de mon quotidien il fait parti (et les interrogations qu'il suscite) de ma vie jusque dans ses aspects les plus pragmatiques (pour aller faire mes courses je passe devant l'immeuble où il est mort).
Les traits de légende qui l'entourent (toute ignorance de la réalité d'une vie est compensée par la multiplication de faits inventés) fabriquent un personnage fascinant (ambigu). Comment cet adolescent tourmenté vivait-il dans le Paris "fin de siècle", pratiquement ignoré des cercles culturels, cultivant une solitude qui a quelque chose d'exemplaire.
L'oeuvre de Man Ray illustre admirablement cette énigme.

La promenade de Lautréamont.

Publié le 13/06/2011 à 16:12 par soleildanslatete Tags : image bonne enfants nuit animaux art jardin animal artiste chevaux
La promenade de Lautréamont.

Il aimait la rue de Rivoli et son ballet nocturne où des silhouettes  entr'aperçues se glissent entre les lourdes arcades avec des allures de poissons qui flottent dans des eaux troubles d'une nuit océane. Le jardin des Tuileries et ses lourdes algues s'est calé dans sa masse sombre, encore qu'on la devine toute bruissante de souffles et de furtifs déplacements.
Il ne s'y risque guère, craignant l'assaut des bêtes qui somnolent dans les bosquets. Il le sait, en plein jour, figées dans le bronze verdâtre, offrant leur dos rond aux enfants qui s'y vautrent comme sur quelque fabuleuse montagne miniature. Le lion et le rhinocéros qui veillent aux entrées du jardin, discrètement, la nuit, se lèvent, quittent leur socle de pilier, s'étirent silencieusement, et se mêlent aux promeneurs égarés qui font parfois les frais de leur curiosité et de leur imprudence.
Trouvez-vous, une nuit, face à la rue de Castiglione, à travers les grilles vous devriez les voir sur la terrasse, à cette heure déserte. Le hasard, la chance, votre ténacité, vous feront témoin. Soyez sûr alors qu'ils gambadent sur le sol tendre du jardin, y laissant la marque de leurs lourdes pattes. On on a vu aller jusqu'à la Seine, se faufilant parmi les rares voitures qui empruntent à cette heure tardive la voie de berge.
Animaux de bronze, ils bornent comme pour une parade pittoresque, les longues marches usées, où Louis XVI, fuyant son palais en furie, et venant chercher abri au Manège, butât là, tant de fatigue qu'envahi par une rêverie étrange qui l'assaillait. Il voyait déjà, comme une ombre divinatoire, sa tête brandie par une main vigoureuse et peu soucieuse de l'étiquette, protégée dans son forfait par la tornade des tambours battant avec énergie et une double rangée de cavaliers qui tentaient de maintenir leurs chevaux anormalement énervés. Au loin, indistincte, confuse, mais mouvante, une foule hilare, stupéfaite, assistait là à un spectacle inouï. Le massacre de ses idoles.
Quand les idoles sont mortelles on est perdu, mais on ne le sait pas.
Il fut, en quelques sortes, agressé par l'image de lui-même, et du sang qui dégoulinait de cette poche absurde, là où la décollation avait libéré le flux d'ardeur qui l'habitait, tout ce sang sacré. Il en frissonna et perdit l'équilibre. Il faillit s'effondrer sur ces marches où, aujourd'hui, des enfants traînent, effondrés de fatigue, leur tricycle pour regagner leur appartement confortable de la rue de Rivoli où un valet de pied stylé, ouvrant cérémonieusement  la porte, demande si "monsieur a passé une  bonne après-midi"
Les animaux donc, qu'on aura par chance ou hasard, mais à ses risques et périls, croisés dans la nuit, venus sous les allées du jardin, vont entrer dans l'espace alerté de toutes parts par les menaces de Maldoror.
Une légende veut que, le jour où l'on érigea les deux statues dues au sculpteur Auguste Cain, qui représentent respectivement "Le Lion et la Lionne se disputant un sanglier, et "Rhinocéros attaqué par les tigres" on constata la disparition à part égale d'un couple de lion, d'un sanglier, de trois tigres et d'un Rhinocéros du jardin des Plantes. Des recherches furent immédiatement entreprises qui n'apportèrent aucun résultat. L'effroi fut grand dans la population que la presse mis en garde. Des témoignages commencèrent à affluer, de noctambules, et  l'on nota  quelques disparitions mystérieuses de jeunes vierges.
Un témoin déclarant avoir croisé le couple de lion benoîtement couché aux pieds de l'art de triomphe du Carrousel et s'attardant à quelques câlineries silencieuses.
Le Rhinocéros fut aperçu sous les arcades de la rue de Rivoli. Le témoin oculaire l'aura remarqué d'assez loin, marchant tranquillement dans la galerie. Le temps mis pour être totalement convaincu qu'il ne s'agissait pas d'un mirage mais d'une réalité aussi étrange que désagréable et périlleuse, le promeneur s'approchant de l'animal, de constater, contrairement à toute logique, que c'est ce dernier qui semblait manifester quelque effroi.
D'ailleurs il abandonna sa promenade, traversa la rue, regagnât le jardin pour se coucher sur le socle où on peut le voir aujourd'hui. Vert du bronze dans lequel l'artiste l'a coulé

Lautréamont a un visage

Publié le 10/06/2011 à 14:20 par soleildanslatete Tags : ange artiste contemporain
Lautréamont a un visage

Longtemps, comme celui de Sade, le portrait de Lautréamont était inconnu, jusqu'au jour (année 1976) où Jean Jacques Lefrère  le découvre et lui donne enfin corps. On y rencontre un collégien poussé en graine, à l'air tranquille et non sans noblesse de maintien.
Devant la béance, l'imagination s'empare du personnage et lui invente des traits. Félix  Vallotton en fait un contemporain, (fin de siècle) chevelu pour faire artiste et qui s'installe dans la galerie des célébrités de l'époque quand Rémy de Gourmont rassemblait des "masques".
L'intervention de Dali est infiniment plus troublante. Emergeant de l'ombre c'est une figure presque irréelle, glabre et tenant plus de l'ange que de l'humain encore qu'une ombre de nulle part passe sur des traits mous et plutôt gracieux, lui donnant quelque chose d'inquiétant. Ange peut-être mais du mal !.
Un détail intrigue : cet oeil largement ouvert, interrogatif, tandis que l'autre à demi fermé semble déjà mangé par le sommeil ou l'engloutissement dans une zone qui n'est plus de ce monde. Interrogatif, il est aussi celui de la surprise, d'un état qui n'est pas celui de l'action mais du rêve.  Dans quel cauchemar s'est-il égaré ?

Les sources de Maldoror.

Publié le 05/07/2010 à 16:50 par soleildanslatete
Les sources de Maldoror.
Les sources de Maldoror.

Esquisse d'une étude : "La solitude de Lautréamont" à venir.

Sorti tout droit de l'imagination enflammée de Lautréamont, Maldoror a, dans les profondeurs de sa mémoire, une consistance physique étroitement liée à son adolescence à Montevideo.
S'y profilent, avec une force démoniaque, les figures de militaires fortement impliqués dans des opérations disciplinaires et dans la pratique de la dictature, comme Juan Facundo Quiroya, Gaspard Rodiguez Franciaz ou Juan Manuel de Rosas.
Nommé gouverneur de la province de Buenos Aires, ce dernier prend les français (alors nombreux) en grippe et les assimile aux partisans du parti libéral qu'il combattait. Déjà, à l'époque, des poètes, dont Marmol, s'élèvent contre le tyran.
Son ton légèrement emphatique n'annonce-t-il pas le rythme hautain et prophétique de Maldoror.
" Quel est le démon voilé qui t'accompagne afin que je le suive, armé d'un poignard ? quelle est celle des étoiles qui l'éclaire, afin que je fasse descendre sur elle la malédiction divine ? A quelle heure se glisse la frayeur dans ta poitrine de fer, afin que j'évoque les visions qui t'épouvantent ? A quelle heure t'endors-tu tranquillement dans ta couche, afin que j'appelle les morts pour te secouer le crâne Prêtez-moi, tempêtes, votre affreux rugissement, alors que le tonnerre éclate et que hurle l'Aquilon. Cataractes, torrents, prêtez-moi votre voix, afin que je l'écrase par une terrible, éternelle malédiction".
Rosas se distingue par sa cruauté.
Le jeune Isidore "revivra chaque épisode du siège. Il entendra le long cri des sentinelles que l'on égorge dans la nuit ; il assistera à la relève au lasso des blessés hurlants qui ont le malheur de tomber entre les lignes"
Méditera-t-il sur de sombres témoignages des horreurs de la guerre, dont ces rites barbares à l'endroit des vaincus : "Déshabillés, obligés d'avancer nus entre des haies de soldats qui, évitant les blessures mortelles, les criblent de coups de lance, de baïonnettes, de couteaux. Châtrés, éventrés, décapités enfin, avec leur tête fichée sur un pique, puis jetés aux avant-postes montévidéens".
Des récits qui font écho à ceux que distillaient à Sarniget où vivait sa famille dans la banlieue de Tarbes, les vieillards qui avaient connus un enfant du pays, le sinistre Barrère, "l'Anacréon" de la guillotine, qui avait signé vingt mille arrêts de mort au sein du Comité du Salut Public, où il officiait aux côtés de Robespierre. Il fallait bien que l'enfance de Lautréamont soit baignée dans le souvenir du sang et de la souffrance, lui-même naîtra dans une bizarrerie conjugale qui sera une autre source de ses cauchemars.

Lautréamont en cinq lettres.

Publié le 02/07/2010 à 15:26 par soleildanslatete
Lautréamont en cinq lettres.
D'ordinaire, la connaissance de la correspondance privée d'un auteur dont on veut connaître l'intimité, et juger de son tempérament, offre une ouverture qui a le mérite d'échapper à toute pudeur, toute hypocrisie sociale qui entoure et conforte la vie de chacun. On y fouille le quotidien, le pensée arrimée aux épreuves de la vie, les sursauts d'une douleur, les emballements d'une passion, comme en une sorte de sismographe d'une sensibilité mise à l'épreuve par les frôlements avec les autres et la prise de conscience progressive de sa nature propre.
En regard de la personnalité de Lautréamont, dont sont rares les repères et fluctuantes les appréciations, le recours à la correspondance reste vain.
Elle est constituée de 5 lettres. A son banquier, à son éditeur. C'est à dire dans le triangle obligé entre l'auteur et celui qui va assurer le financement de son ouvrage, Lautréamont étant condamné (comme Rimbaud et tant d'autres) au compte d'auteur.
Triangle périlleux parce qu'il engage la confiance, la reconnaissance de la chose écrite, l'avenir de celui qui s'y inscrit avec conviction et sans doute une forme d'innocence dont beaucoup auront d'ailleurs à se plaindre.
Nulle perspective affective dans cette absence de lettres intimes (et à qui ?)
Cela ne traduit-il pas une profonde et irrémédiable solitude ?

Lautréamont sur le Boulevard.

Publié le 10/06/2010 à 09:56 par soleildanslatete
Lautréamont sur le Boulevard.
Publié à part, le Chant premier de Maldoror le sera chez Balitout, rue Baillif entre la rue de la Croix des Petits Champs et celle des Bons Enfants. L'édition définitive, complète, sera confiée à l'éditeur Lacroix, boulevard Montmartre (les Poésies paraîtront à la librairie Gabrie passage du Verdeau). C'est baliser, du même coup le champ d'exploration piétonne de Lautréamont qui tient à un espace réduit, que le Second Empire avait il est vrai doté de tous les prestiges. Ce sera le mythe des Boulevards.
Lautréamont n'avait pas a aller bien loin pour se tenir au courant de l'actualité littéraire. C'est du temps où il habitait la rue Vivienne (plus tard ce sera celle du faubourg Montmartre) qu'il peut découvrir à la vitrine de l'éditeur Michel Levy, les nouveautés.
Ce solitaire hautain et splendide, errant sur le boulevard, frôlant les passants comme des ombres quasi irréelles " subissait le sortilège de la grande ville, captant ses messages et, la démarche somnambulique, cherchant de la rue Vivienne à la rue de la Paix, l'ombre des héros de ces romans noirs dévorés dans la solitude de Bazet".
Descendu de sa chambre d'hôtel, il est la proie de toutes les fantasmagories qui le harcelent, la solitude le rendant moins impropre au contact d'autrui, que porté par le pouvoir de transfigurer dans son espace imaginaire les remous du réel, dans une autre dimension.
Fondu dans le foule il en extrait des forces suffoquées de cruauté ou d'angoisse, et la portée de son texte est si périlleuse qu'il le publiera d'abord dans l'anonymat le plus complet (les trois étoiles !) avant de se camoufler derrière un nom d'emprunt.

Lautréamont visité par Magritte.

Publié le 10/08/2009 à 13:46 par soleildanslatete
Lautréamont visité par Magritte.
Les Chants de Maldoror offrent le plus formidable territoire de fantasme dont peut rêver un peintre. L'homme des mots, serait-il le plus subtile des poètes, butera sur le verbe incantatoire, inimitable, qui fait tout l'attrait du texte ; un peintre, un homme d'images surtout (comme Magritte), y trouvera la source incomparable pour se livrer à toutes les spéculations qui cernent le texte, l'enrobent de leur excès même, car tout ici invite celui qui s'y risque à de forcenées escapades imaginaires. Tous les éléments s'en mêlent et le climat de catastrophe nous y est bientôt familier. Un comble. Comment rendre lisible, absorbable, le chant le plus dément, le plus sadique, le plus brûlant qui soit, et nous invective sans cesse, et nous bouscule et nous provoque, et nous précipite dans nos derniers retranchements. Quand la lecture est une guerre de tranchée (on peut se réfugier dans les réserves que l'on s'accorde, les petites omissions que l'on s'invente). Là rien. On est en terrain découvert. Seul à errer dans cette couse folle, impitoyable, fatale. Alors le peintre (ici Magritte) se mêle à l'aventure et distribue, ça et là, des images comme on en glisse dans un bréviaire, pour scander les psaumes. On s'y arrête un instant, pour souffler.

Phillipe Soupault découvreur de Lautréamont.

Publié le 31/07/2009 à 14:16 par soleildanslatete
Phillipe Soupault découvreur de Lautréamont.
Inconnu de son vivant, condamné à la publication de ses textes par le principe du "compte d'auteur" (l'infamie suprême de l'écrivain) Lautréamont va connaître une gloire posthume aussi singulière que tenace et propre à rassurer tout poète tenu dans le dédain par ses proches et un public futile, porté à célébrer ce qui l'est déjà, jamais assez curieux pour dénicher des curiosités esthétiques ou littéraires de sa génération, laissant ce soin à quelques érudits curieux, rats de bibliothèques ou esprits assez libres pour défier l'opinion en affichant des admirations qui ne sont pas de mise. Rémy de Gourmont (ce sédentaire, cet érudit en chambre) aura été l'un de ceux qui surent deviner l'importance des textes d'Isidore Ducasse qui va devenir le Lautréamont de la légende. Figure emblématique de la modernité, une sorte de saint célébré par le surréalisme comme figure d'ancêtre (avec Forneret, Sade, Rimbaud, Jarry ).
Soupault, digne successeur de Rémy de Gourmont, va soigneusement copier à la Bibliothèque Nationale les fameuses Poésies qui sont une sorte de contre-point (contre-chant) aux Chants de Maldoror. Chants, et d'une portée musicale singulière, sans aucune mesure avec ce qui se fait autour de lui, encore qu'il s'appuie constamment sur un héritage littéraire pour y poser des mines, des explosifs. Plagiaire dans les Chants, il est pamphlétaire dans les Poésies. Naviguer dans cette oeuvre c'est ouvrir toutes les perspectives de la pensée moderne aux yeux des surréalistes. A voir d'un peu près.

Soupault découvre Lautréamont.

Publié le 18/07/2009 à 16:11 par soleildanslatete
Soupault découvre Lautréamont.
14h13 - Soupault découvre Lautréamont. - Général
Soupault découvreur.

Mobile de corps et d'esprit, et toujours en chasse, Philippe Soupault aura été le découvreur de Lautréamont auprès de ses amis surréalistes. Il déniche à la Bibliothèque nationale une édition d'époque des Chants de Maldoror que Rermy de Gourmont, cependant, avait en son temps remarquée.
Ayant "un pied" dans l'édition, Soupault peut alors procéder à une réédition des Chants de Maldoror dans une collection qui se singularise par la qualité de ses choix, la pertinence de ses options éditoriales. Lautréamont entre alors dans l'Olympe surréaliste, nanti des commentaires élogieux de Breton qui est en dernier recours celui par qui tout passe et s'impose des valeurs reconnues par le surréalisme comme constitutives de sa pensée et de sa dynamique.
Tout piéton de Paris ne peut que mettre ses pas dans ceux d'Isidore Ducasse avant qu'il ne devienne le "comte de Lautréamont" pour signer son oeuvre.
Texte emblématique "Les chants de Maldoror" ont droit de cité, et devient un classique.