amis amour annonce art artiste belle bonne cadre chez coeur création dessin
Rubriques
>> Toutes les rubriques <<
· La femme flambée. (45)
· Bric à Brac arts (71)
· Ernst (19)
· Fin de siècle. (45)
· Surréalistes. (34)
· Soleil dans la tête. (65)
· Paris sous toutes ses formes. (37)
· Apollinaire. (31)
· Bric à Brac littérature. (44)
· Antonin Artaud. (24)
oui d'accord. mais elle serait mieux à poil attaché dans le dos sur un gibet et corde autour du cou... la impo
Par Executeur, le 03.11.2025
labisse n'a pas fait partie du collège de pataphysique.
Par Binder, le 30.06.2025
Par Anonyme, le 22.05.2025
ca m'aide aps
Par Anonyme, le 21.05.2025
dans un décors kitsch exotique il existe une photo de la lahaie attachée toute *** à un poteau d'exécution.. .
Par Anonyme, le 09.03.2025
· La Carte du Tendre du Métro.
· Le Déjeuner sur l'herbe (Manet-Monet).
· L'Oeil cacodylate de Picabia à Bertini.
· La Cicciolina, une poupée dévergondée.
· Feux arrière du Surréalisme
· gala dali
· Coco Chanel, la mythologie des
· Poèmes de la guerre d'Algérie.
· minotaure
· L'Arétin revu et corrigé par Paul Emile Bécat.
· La belle endormie cousine d'Ophélie
· le veilleur du pont au change
· Max Ernst le voyant considérable.
· J'ai tué de Blaise Cendrars.
· L'énigme d'Isidore Ducasse.
Date de création : 30.12.2007
Dernière mise à jour :
13.12.2011
1867 articles
Bien qu'il brasse des paysages fantastiques, libère de sa cage un bestiaire inquiétant, Lautréamont est un poète cloîtré dans sa chambre. La légende veut qu'il écrive de préférence la nuit (en plaquant de vigoureux accords sur son piano à en croire Philippe Soupault qui doit, là, créer une légende), dans la fatale solitude de ceux qui vivent dans les hôtels, ce qui fut le cas au 7 faubourg Montmartre où il devait mourir.
Il affrontait alors, dans cette solitude nocturne, ses plus furieux démons, ouvrait les portes d'un imaginaire fabuleux et aux couleurs morbides de ses angoisses, et de sa perversité mentale.
On le voit mal, pourtant, dans ce rapport modeste avec les instruments de l'écriture, comme si, les stances infernales des Chants de Maldoror , soufflaient comme une tempête sans qu'ait à intervenir les rites de ce modeste artisanat qu'est l'écriture.
Bien avant Christo qui a conduit toute sa carrière artistique sur le principe de l'enveloppement (le développant sur de vastes volumes : le Pont Neuf à Paris) Man Ray en fait usage (d'exception) pour illustrer le souvenir d'Isidore Ducasse "comte" de Lautréamont.
Une pratique pour un sujet, et dans une sorte de cohérence, tant le destin de Lautréamont inspire un grand nombre de questionnements.
L'énigme est au coeur de sa vie (si courte). La véhémence inspirée de sa prose (poétique), l'ignorance à peu près totale de sa manière de vivre, si en revanche on a pu situer géographiquement son territoire de déambulation dans Paris. Du Palais Royal (rue Vivienne) aux Grands Boulevards, via la Bourse.
Voisin de mon quotidien il fait parti (et les interrogations qu'il suscite) de ma vie jusque dans ses aspects les plus pragmatiques (pour aller faire mes courses je passe devant l'immeuble où il est mort).
Les traits de légende qui l'entourent (toute ignorance de la réalité d'une vie est compensée par la multiplication de faits inventés) fabriquent un personnage fascinant (ambigu). Comment cet adolescent tourmenté vivait-il dans le Paris "fin de siècle", pratiquement ignoré des cercles culturels, cultivant une solitude qui a quelque chose d'exemplaire.
L'oeuvre de Man Ray illustre admirablement cette énigme.
Il aimait la rue de Rivoli et son ballet nocturne où des silhouettes entr'aperçues se glissent entre les lourdes arcades avec des allures de poissons qui flottent dans des eaux troubles d'une nuit océane. Le jardin des Tuileries et ses lourdes algues s'est calé dans sa masse sombre, encore qu'on la devine toute bruissante de souffles et de furtifs déplacements.
Il ne s'y risque guère, craignant l'assaut des bêtes qui somnolent dans les bosquets. Il le sait, en plein jour, figées dans le bronze verdâtre, offrant leur dos rond aux enfants qui s'y vautrent comme sur quelque fabuleuse montagne miniature. Le lion et le rhinocéros qui veillent aux entrées du jardin, discrètement, la nuit, se lèvent, quittent leur socle de pilier, s'étirent silencieusement, et se mêlent aux promeneurs égarés qui font parfois les frais de leur curiosité et de leur imprudence.
Trouvez-vous, une nuit, face à la rue de Castiglione, à travers les grilles vous devriez les voir sur la terrasse, à cette heure déserte. Le hasard, la chance, votre ténacité, vous feront témoin. Soyez sûr alors qu'ils gambadent sur le sol tendre du jardin, y laissant la marque de leurs lourdes pattes. On on a vu aller jusqu'à la Seine, se faufilant parmi les rares voitures qui empruntent à cette heure tardive la voie de berge.
Animaux de bronze, ils bornent comme pour une parade pittoresque, les longues marches usées, où Louis XVI, fuyant son palais en furie, et venant chercher abri au Manège, butât là, tant de fatigue qu'envahi par une rêverie étrange qui l'assaillait. Il voyait déjà, comme une ombre divinatoire, sa tête brandie par une main vigoureuse et peu soucieuse de l'étiquette, protégée dans son forfait par la tornade des tambours battant avec énergie et une double rangée de cavaliers qui tentaient de maintenir leurs chevaux anormalement énervés. Au loin, indistincte, confuse, mais mouvante, une foule hilare, stupéfaite, assistait là à un spectacle inouï. Le massacre de ses idoles.
Quand les idoles sont mortelles on est perdu, mais on ne le sait pas.
Il fut, en quelques sortes, agressé par l'image de lui-même, et du sang qui dégoulinait de cette poche absurde, là où la décollation avait libéré le flux d'ardeur qui l'habitait, tout ce sang sacré. Il en frissonna et perdit l'équilibre. Il faillit s'effondrer sur ces marches où, aujourd'hui, des enfants traînent, effondrés de fatigue, leur tricycle pour regagner leur appartement confortable de la rue de Rivoli où un valet de pied stylé, ouvrant cérémonieusement la porte, demande si "monsieur a passé une bonne après-midi"
Les animaux donc, qu'on aura par chance ou hasard, mais à ses risques et périls, croisés dans la nuit, venus sous les allées du jardin, vont entrer dans l'espace alerté de toutes parts par les menaces de Maldoror.
Une légende veut que, le jour où l'on érigea les deux statues dues au sculpteur Auguste Cain, qui représentent respectivement "Le Lion et la Lionne se disputant un sanglier, et "Rhinocéros attaqué par les tigres" on constata la disparition à part égale d'un couple de lion, d'un sanglier, de trois tigres et d'un Rhinocéros du jardin des Plantes. Des recherches furent immédiatement entreprises qui n'apportèrent aucun résultat. L'effroi fut grand dans la population que la presse mis en garde. Des témoignages commencèrent à affluer, de noctambules, et l'on nota quelques disparitions mystérieuses de jeunes vierges.
Un témoin déclarant avoir croisé le couple de lion benoîtement couché aux pieds de l'art de triomphe du Carrousel et s'attardant à quelques câlineries silencieuses.
Le Rhinocéros fut aperçu sous les arcades de la rue de Rivoli. Le témoin oculaire l'aura remarqué d'assez loin, marchant tranquillement dans la galerie. Le temps mis pour être totalement convaincu qu'il ne s'agissait pas d'un mirage mais d'une réalité aussi étrange que désagréable et périlleuse, le promeneur s'approchant de l'animal, de constater, contrairement à toute logique, que c'est ce dernier qui semblait manifester quelque effroi.
D'ailleurs il abandonna sa promenade, traversa la rue, regagnât le jardin pour se coucher sur le socle où on peut le voir aujourd'hui. Vert du bronze dans lequel l'artiste l'a coulé
Longtemps, comme celui de Sade, le portrait de Lautréamont était inconnu, jusqu'au jour (année 1976) où Jean Jacques Lefrère le découvre et lui donne enfin corps. On y rencontre un collégien poussé en graine, à l'air tranquille et non sans noblesse de maintien.
Devant la béance, l'imagination s'empare du personnage et lui invente des traits. Félix Vallotton en fait un contemporain, (fin de siècle) chevelu pour faire artiste et qui s'installe dans la galerie des célébrités de l'époque quand Rémy de Gourmont rassemblait des "masques".
L'intervention de Dali est infiniment plus troublante. Emergeant de l'ombre c'est une figure presque irréelle, glabre et tenant plus de l'ange que de l'humain encore qu'une ombre de nulle part passe sur des traits mous et plutôt gracieux, lui donnant quelque chose d'inquiétant. Ange peut-être mais du mal !.
Un détail intrigue : cet oeil largement ouvert, interrogatif, tandis que l'autre à demi fermé semble déjà mangé par le sommeil ou l'engloutissement dans une zone qui n'est plus de ce monde. Interrogatif, il est aussi celui de la surprise, d'un état qui n'est pas celui de l'action mais du rêve. Dans quel cauchemar s'est-il égaré ?