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Date de création : 30.12.2007
Dernière mise à jour : 13.12.2011
1867 articles


Gérard de Nerval en multiples facettes.

Publié le 29/06/2009 à 12:29 par soleildanslatete
Gérard de Nerval en multiples facettes.


22h04 - Gérard de Nerval en images -
Plus que tout autre Gérard de Nerval a inspiré les illustrateurs. Et ses rapports avec l'art qui furent surtout ceux de l'amitié (pour Camille Rogier ou Célestin Nanteuil) ne soulignent pas une volonté intellectuelle (comme c'est souvent, aujourd'hui le cas dans les rapports peintres et poètes). Gérard de Nerval s'attache à l'image. Celle qui évoque, celle qui raconte, celle qui émeut. Il inspire surtout une iconographie sentimentale et parfois féerique, parfois proche de la nature (le souvenir de Mortefontaine est toujours vivace) mais aussi portée à des envolées lyriques. En rapport avec le verbe, et se donnant comme complément des mots.
Elle ne serait pas éloignée de la mythologie de Jean Jacques Rousseau (ils frôlent les mêmes buissons des forêts de la région d'Ermenonville) et parfois même de Bernardin de Saint Pierre (l'attirance de l'exotisme).


16h19 - La rue du Doyenné -
C'est, aujourd'hui l'espace abandonné aux voitures entre l'arc de triomphe du Carrousel et le développement du Louvre (pavillon de Marsan). C'était alors l'impasse du Doyenné, une sorte de Thébaïde où vivaient dans une bohème fraternelle Camille Rogier, le peintre et Gérard de Nerval, mais aussi bientôt Roger de Beauvoir, un dandy, et surtout Théophile Gautier qui en a tracé d'émouvantes descriptions. Du vieil appartement dont les fenêtres donnaient sur un terrain vague, on voyait les pierres taillées destinées à la construction du Louvre et des Tuileries parmi les orties et de vieux arbres. Gérard de Nerval l'évoque dans les Petits châteaux de Bohème.
Heures délicieuses, traversées par des présences furtives de femmes légères, alors que Nerval est tout entier habité par l'amour qu'il porte à Jenny Colon, une petite théâtreuse sans talent.

14h11 - Les adresses de Gérard de Nerval. -
Les adresses parisiennes de Gérard de Nerval. (non exhaustif).
168 rue Saint Martin (naissance).
72 rue Saint Martin installation du docteur Labrunie.
15 rue de Vaugirard, chez le peintre Célestin Nanteuil.
5 rue des Beaux Arts, chez le peintre Camille Rogier
6 rue des Filles Saint Thomas.
91 rue Coquenard.
15 rue Taitbout.
13 rue Le Peletier.
14 rue de Navarin chez Théophile Gautier.
10 rue Saint Hyacinthe-Saint Michel.
6 rue Neuve Pigalle.
36 rue de la Victoire.
2 rue des Rosiers.
39 rue de la Rochefoucauld.
4 rue Saint Thomas du Louvre.
48 rue Notre Dame de Lorette.
24 rue Bréda.
110 rue du Faubourg Saint Denis.
66 rue des Martyrs.
9 rue du Mail.
2 rue du Faubourg Montmartre.
50 rue des Minimes.
54 rue Rambuteau.
13 rue Neuve des Bons Enfants.
Mort rue de la Vieille Lanterne.

12h46 - Le château des Brouillards -
Dans son errance parisienne, Gérard de Nerval a fait étape en ce fameux "château des brouillards" qui fut au milieu des jardins et que bordent de calmes villas bourgeoises d'où sortent, par des fenêtres ouvertes, des gammes appliquées de jeune fille au piano comme on les aimait en ce temps quand, aujourd'hui, elles vont plutôt s'éclater au Bus Paladium (existe-t-il encore ?).
On va essayer de suivre Gérard dans ce Paris où il n'avait nul lieu fixe, où il puisse poser ses valises de grand voyageur. Il rêve d'Orient et en rapporte des textes de fantaisie.
Pourtant Paris est imprégné de sa présence, de son "passage" (n'est-il pas un de ces "passants considérables" dont parlait André Breton !). Pour bientôt, à venir ici, le carnet d'adresses de Gérard.


10h58 - Portrait de Gérard de Nerval -
Doit-on, peut-on se fier à une photographie. Dès sa création et sa large utilisation, quand Baudelaire, Rimbaud, Nerval posaient pour le photographe, elle était déjà un leurre. Un mensonge, une approximation, un désir d'être.
- Je suis l'autre, disait Rimbaud, suis-je celui qui s'est fixé sur la pellicule. Un clic-clac pour être éternel.
Voici Nerval, le bon Gérard. Vieux ou ayant l'apparence de l'être. Le front large (pour contenir tous ces rêves qu'il formule dans le silence de la nuit), la moustache triste, et le regard, ah, le regard, regardons le avec attention. Il est fixe, il semble nous fixer, plongeons un peu et nous débouchons sur des lointains, ceux qu'il balise avec des mots si simples, si profonds. Alors il est tout entier dans son regard. J'oubliais la bouche. Elle est amère, quoique cachée par le poil de la moustache. Un moyen d'en dissimuler l'amertume ? On va conserver le visage de Nerval pendant quelques jours, et le suivre, dans un Paris qu'il a magnifié par la force des mots. On peut l'y suivre, il arrive qu'on l'y rencontre (avec un peu d'imagination ) on peut le débusquer derrière des portes cochères, celles là justement où, aujourd'hui on y voit, grogner dans leur sommeil, des sans logis, qui, comme lui, rêvent d'un jardin où les arbres porteraient des fruits, où les femmes seraient des sylphes, où l'amour serait une évidence. Il aura buté sur tant d'échecs, après tant d'illusions. Ayons une pensée ardente pour une quête si sévère.


Commentaires (1)

Hugo le 15/03/2010
Bonjour, je fais un mémoire sur Gérard et aimerais connaître, si possible, la source de la liste de ses adresses parisiennes, qu'il est très intelligent de citer!
Merci!

Amicalement,
Hugo


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