Sens Plastique.
Publié le 21/03/2010 à 15:47 par soleildanslatete
Sous le titre "Graphic aus Paris" la revue Sens Plastique organise, en juin 1961, une exposition itinérante qui passe par La Secession de Vienne, la Wulfengasse de Klagenfurt , Forum Stadtpark à Graz et Kliemstein à Linz.
Les peintres proposés étaient : Aubertin, Chaminade, Danil, Yves Dubois, Jean Igé, Jacquet, Luboski, Piccioto, Rancillac, Jean-Robert, Rué, Tyszblat, tous plus ou moins liés à la revue ou ayant fait l'objet d'études ou de parrainage d'expositions personnelles.
Ce passage largement autrichien avait une signification symbolique. Il confirmait des relations étroites et complices avec des artistes autrichiens qui avaient fait l'objet d'expositions au Soleil dans la tête.
Le passage, dans l'enceinte du légendaire palais de la Secession à Vienne, lui donnait un réel et incontestable prestige et soulignait qu'il s'agissait, pour la génération de 1960, d' un souci de se démarquer des modes et des poncifs en cours. Une sorte de secession à la française
Photo de Daniel Jean, voir le blog germaniamagazine.ifrance.com
Publié le 26/07/2009 à 12:32 par soleildanslatete
Allons dans les nuages.
A propos de Boudin qu'il voyait peindre sur les plages normandes Baudelaire saluait les merveilleux nuages.
Le prenant aux mots, toute une génération de peintres, dans les années 60, se livrent à une véritable investigation du ciel, ouvrant la toile aux élans d'une main légère qui écrit les nuages, suggère la légèreté de l'air et jusqu'à son parfum. Ce fut un formidable élan dont on suivait de près les étapes à travers les oeuvres de visiteurs amis comme Benrath, Duvillier, René Laubiès, Nasser Assar, Graziani, qui avaient, pour défenseur auprès de l'opinion, le discret, subtil et énigmatique Julien Alvard. Ca et là, à propos d'une exposition, autour de la revue Sens Plastique qui prend leur défense et s'attache à leurs découvertes, les peintres baptisés "nuagistes" vont influencer de plus jeunes encore, des débutants, avec la perte inévitable en chemin de promesses non tenues, de carrières brisées. Mais c'est une belle et tumultueuse histoire. On en trouvera ici, des échos. Aujourd'hui tout cela est passé dans l'Histoire, entre les mains des théoriciens. Pourquoi pas ?
Publié le 06/07/2009 à 10:24 par soleildanslatete
Une affaire de Labyrinthe.
On avait, à la revue Sens Plastique, organisé des expositions dont le thème était le jardin. Il en fut une (présentée chez le peintre Weinbaum, à Orsay) plus proche encore des ambitions qui en justifiait la reprise. L'espace permettait de déployer les oeuvres de références dans un circuit qui fut aussi celui d'une fête. Il y avait là tout le gratin des arts des années 6O, de Rancillac à Christo. On se rapprochait du thème du labyrinthe qui était le moteur de toutes ces expositions qui se voulaient des itinéraires allégoriques.
On revient ainsi à la tradition, dont celle qui fut à l'origine du fameux Labyrinthe dessiné dans le parc de Versailles et qui fut malheureusement détruit. Il avait été inspiré par des textes de fabulistes ( La Fontaine, piètre courtisan fut un peu évincé) et conçu comme un itinéraire d'initiation ( pour l'éducation des princes).
Il y aurait long à dire sur l'étonnante force de persuasion que pouvait avoir ce type d'enseignement qui mêlait l'utile à l'agréable. A quand sa reprise dans le monde de l'éducation?
S'il n'existe plus, le Labyrinthe de Versailles a laissé plusieurs témoignages dans le monde de la peinture. Dont la série des compositions de Cotelle, d'une aimable distinction. "L'esprit" de la nature y est respecté, mais la description du labyrinthe lui même n'en est pas pour autant négligée.
Publié le 02/07/2009 à 11:31 par soleildanslatete
15h35 - Un éditeur des poètes. René Rougerie - Général
C'est bien la poésie présente que René Rougerie sauve de l'ignorance et donne à lire dans des ouvrages traités "à l'ancienne". Il faut lire l'émouvant ouvrage qu'il a lui-même écrit pour expliquer son parcours (voir sur google le site René Rougerie). Se situant dans la lignée des "grands", comme GLM ou José Corti, il valorise le caractère artisanal qui donne un charme supplémentaire à ses livres. Impossible de retracer toute l'histoire de cinquante ans d'un activité jalonnée par la révélation, la réhabilitation ou la sauvegarde d'oeuvres historiques comme celles de Pierre Albert-Birot, Andrè Suarès, Joe Bousquet et de contemporains de Jean l'Anselme à Marcel Béalu.
Il a été aussi l'imprimeur de la revue Sens Plastique (une trentaine de numéros dans les années 6O) . Dans le merveilleux petit village de Mortemart il pérennise une "mission" aujourd'hui de survie face à la déchéance culturelle victime de la mondialisation et de la bourse. Ils sont quelques uns, artisans, qui se battent pour donner un sens aux mots, vitaliser des élans souvent juvéniles et se faire les protecteurs d'un patrimoine littéraire en danger. On en reparlera.
Publié le 16/01/2009 à 12:00 par soleildanslatete
Sens Plastique.
Imprimée par René Rougerie, animée par un petit groupe d'amis et installée au Soleil dans la tête qui en était une sorte de bureau, largement ouvert sur les rencontres, les découvertes, le hasard qui est un facteur de renouvellement constant, la revue vivra une poignée d'années (1959-60) et affiche d'emblée sa volonté de provoquer des confrontations peinture et poésie sans aucun préjugé même si le jeu des amitiés avait infléchit le choix des artistes participant en particulier à l'illustration des couvertures. Une préférence marquée pour les artistes du "nuagisme" (Benrath, Duvillier, Laubiès, Messagier) ne préjuge en rien du contenu qui ne fut pas exclusivement porté à célébrer ce courant alors en pleine extension grâce à l'appui intelligent et inspiré du poète-critique Julien Alvard dont l'exposition "Antagonismes" (au musée des Arts Décoratifs) fut la démonstration de la cohérence de son argumentation et une insertion définitive des artistes qu'il défendait dans le courant de l'Histoire.
En regard de la poésie le choix est souvent déterminé par des options proposées à de jeunes poètes qui rendaient ainsi une sorte d'hommage à un aîné.
On y trouvera, pêle-mêle : Gaston Puel, Henri Kréa, Ezra Pound, Jean Paulhan, André Pieyre de Mandiargues, Christian Dotremont, Armel Guerne, André Verdet, Jean-François Chabrun, Jean Follain, Jacques Dupin, Ilara Voronca, Georg Trackl, Achille Chavée, Luc Bérimont, Henri Chopin, André Miguel, Edmond Humeau, Jean l'Anselme, Michel Manoll, Jean-Louis Depierris, Pierre Seghers, Pierre Boujut, Philippe Soupault, Michel Seuphor, André Laude, Viviane Forrester, Pierre Bettencourt, Hubert Juin, Noel Arnaud, Caradec, Raoul Hausmann, Paul Chaulot, André du Bouchet, Léo Malet, Jacques Dupin , Bernard Delvaille, Marcel Béalu etc..
Publié le 16/04/2008 à 12:00 par soleildanslatete
L'Instant végétal.
Ce fut, dans le cadre du Soleil dans la tête, et sous l'égide de la revue Sens Plastique, une série d'expositions tentant de confronter peinture et poésie, de mettre en parallèle des recherches ayant, pour trait commun, de s'inspirer de la nature. Non pas dans le sens traditionnel du paysagisme "représentatif", mais dans une perception de la nature purement instinctive, alimentant alors les recherches de la peinture "abstraite".
L'expérience se poursuivra dans le cadre d'une "journée d'Orsay" chez le peinture Weibaum. Une exposition-événement à laquelle participaient les amis de la revue Sens Plastique et qui marquait aussi la fin (volontaire) de Sens Plastique après une trentaine de numéros mensuels qui donnaient la mesure de la poésie en ses rapports avec les arts plastiques et ceux-ci commentés par des poètes.