Créer un blog Présentation

Nom du blog :
soleildanslatete
Description du blog :
tribune autour de l'art et la littérature
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
30.12.2007
Dernière mise à jour :
16.05.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<

Navigation

Accueil
Livre d'or soleildanslatete
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Portique

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

bonjour
13.05.2008
La poésie pure
25.04.2008
INVITATION
18.04.2008
bonjour
15.03.2008
RSS

Blogs 18 à découvrir :

· parolimage
· bloghardi
· ndahfranc
· mangasanctuary
· arcaneslyriques
· lesableausablier
· coquelicot2007
· aldaria02
· cahierscotentin
· diddlneo

De ma fenêtre (en souvenir de Colette).

Posté le 15.03.2008 par soleildanslatete
De ma fenêtre.

Sous ce titre (banal) Colette, l'incomparable, offre quelques pages de cette facture sensible et impertinente qui lui est propre. Ce sont des considérations venues "au fil de la plume" alors qu'elle contemple depuis son appartement du Palais Royal, l'étendue si bien balisée du jardin avec ses rites, pèlerins et ses pèlerines à la Cocteau (adolescents ambigus, fille pubères, petits vieux aux oiseaux). Colette pose le problème de la littérature. Doit-elle être l'espace des grandes choses, des problèmes majeurs, ou peut-elle s'accorder des vagabondages dans l'intime, le futile, l'exquise sensation du temps qui file entre nos doigts (on peut en avoir une notion optimiste).
De ma fenêtre, c'est une campagne tranquille, celle de la Beauce avec la forêt de Fontainebleau en ligne de fond, et des villages besogneux, endormis l'hiver le grain reposant dans les silos et le sillon livré à des nuées de corbeaux dont le noir luisant sur le brun de la terre leur donne des aspects de bijoux.
Un arbre immense fait trembler ses branches au plus modeste vent et des nichées d'oiseaux viennent se cogner à la fenêtre, en quête de nourriture. A me voir ils s'échappent et gagnent un ciel immense livré à la plus capricieuse des lumières. Celle de l'Ile de France où je suis un Robinson.

Kafka en couverture ou l'homme rangé.

Posté le 15.03.2008 par soleildanslatete
Kafka en couverture ou l'homme rangé.

Rien dans l'attitude, le comportement social de Kafka donnerait à imaginer le noeud d'angoisse qu'il cachait. Le voici dans la rue, habillé pour des visites en ville (nos pères, nos grands pères avaient cette allure). Le Prague de son époque était bien le cadre idéal pour cette errance solitaire. Un feu ardent sous le couvert d'une dignité crispée (le mot de Char est ici à sa place). On rencontrerait Kafka, on entraînerait au café un jeune homme plutôt gai, farceur (parait-il et son sens de l'humour quand il écrit le confirmerait). D'ailleurs il avait l'écriture pudique. Rien de l'homme de lettre en lui
(on serait tenté de faire le mauvais jeu de mot et évoquer l'homme de l'être).
Sinon quelques intimes (comme Max Brod), qui pouvait imaginer qu'il fut si entièrement voué à l'écriture (nocturne souvent) et moins à l'introspection stérile et parfois baveuse (à la Léautaud) qu'à un travail d'ingénieur d'une terrible "machine célibataire" (façon Marcel Duchamp ou Alfred Jarry).
Une écriture précise autant que cruelle, collée au réel autant qu'inventant un monde. Un monde annoncé. Il y a du visionnaire en lui.

Michel Ragon rebelle et indépendant.

Posté le 15.03.2008 par soleildanslatete
Michel Ragon rebelle et indépendant.

Les origines modestes de Michel Ragon (qu'il revendique) donnent encore plus de prix à sa carrière faite à cette marge sensible qui s'est créée entre littérature et arts plastiques et qu'il meuble de beaux et riches ouvrages qui témoignent de son indépendance d'esprit. Son oeuvre littéraire amorcée dans le souffle de la poésie
(et une reconnaissance tacite de Blaise Cendrars, que toute une génération a vénéré) s'est, par la suite, développée autour de thèmes populistes et surtout en un deuxième cycle autour de son enfance vendéenne et quelques figures magistrales de sa mythologie familiale ( il avait une mère - que j'ai eu le bonheur de rencontrer d'une poignante beauté intérieure).
Militant d'un humanisme proche du peuple, il a, avec Henry Poulaille, forgé une vision originale pas trop éloignée de l'anarchisme
Vis à vis de l'art il aura été le témoin en première ligne (et dans le temps même de son émergence) du mouvement COBRA qu'il introduit en France, et de l'abstraction dont il rencontre les maîtres historiques (Soulages, Poliakoff, Atlan, Hartung).
Ce qui ne lui interdit pas de marquer sa différence en militant aussi pour l'art brut (dont Gaston Chaissac, notre douanier Rousseau).
Il met enfin un point d'orgue en abordant l'architecture dont l'histoire se confond souvent avec les problèmes sociaux auxquels il n'est pas non plus étranger.
Une diversité qui n'est jamais menée dans la légèreté.

André Pieyre de Mandiargues parmi ses livres

Posté le 15.03.2008 par soleildanslatete
André Pieyre de Mandiargues chez lui, parmi ses livres.
De la fenêtre de son bureau, rue Payenne, il avait une vue unique sur le petit jardin du musée Carnavalet. Il avait poussé sa table, tout contre le mur et, plume en main, il observait le manège dans le square. On y fit des photographie du petit musée lapidaire qu'on y a créé avec des lambeaux de monuments de Paris, emportés par la fureur du temps et du progrès. Il y avait là, une femme aux formes pleines, une sorte de Victoire (comme Samothrace), dont la tunique plaquée par quelque vent imaginaire révélait le corps onctueux et ferme tout à la fois. Mandiargues épiloguait sur la beauté quasi antique et figée là, alors que les enfants du quartier, venus jouer parmi des clochards goguenards, criaient sans contrainte. Ceci en guise de la rumeur marine.
Et puis voilà Mandiargues fatigué, revenu parmi ses livres. Il y est au mieux de son pouvoir sur les images, et les mots qui les cernent, les révèlent.
Mandiargues est un précieux piéton de Paris ( il y en a tant d'autres que l'on retrouvera, de Louis-Sebastien Mercier et Restif de la Bretonne à Léon Paul Fargue, Jean Follain, André Breton ou Jacques Réda). Le suivre dans ses déambulations c'est lever le voile sur tous les mystères qui survivent en dépit des néons et de la rage automobile. On échappe au temps, à ses lois, on flotte dans l'imaginaire. Au fait, on y rencontre Gérard de Nerval.

Fassianos l'impudeur du bonheur.

Posté le 12.03.2008 par soleildanslatete
Il est grec, enfant il cohabite avec les icônes : odeur d'encens, figures plaquées comme un sceau, franches de silhouette et si proches. Il adopte la ligne souple qui dit l'instant, l'émotion, et jusqu'au frémissement de la main qui écrit. Car dessiner, pour lui, c'est écrire une histoire, une rencontre, un désir. Femmes triomphantes, beaux torses sportifs (mais les dieux grecs ne sont-ils pas aussi ceux du stade ?)
On ne sort pas de ces présences tranquilles, impudiques, heureuses de vivre, avec des gestes fous, des effeuillages un peu rustres (le mot annonce : rut), car ce sont ceux du quotidien, de chacun, d'un voisin surpris dans son intimité. Sans vice et sans esprit critique. Avec une sorte de fraternité qui est celle d'un partage. Tel Matisse ( dont il peut se revendiquer) Fassianos peint le bonheur.

René Guy Cadou, le lumineux.

Posté le 12.03.2008 par soleildanslatete
René Guy Cadou,

Il a entraîné derrière lui toute une génération ( comme Jacques Prévert, dans le même temps et sous la bannière d'une identique reconnaissance du quotidien) au sortir de l'occupation qui a fait redécouvrir le sens des choses, du banal, de l'essentiel ( Francis Ponge n'y est pas pour rien). Le surréalisme survit, modestement, grâce à un petit groupe de "farceurs" autour de Noél Arnaud (c'est '"La main à plume") mais l'énergie poétique se ressource à ce qui est une tradition de la poésie française. Un rapport de simplicité avec les mots pour leur donner tout leur sens, leur poids. René Guy Cadou conduit son oeuvre dans le quotidien campagnard de son métier d'instituteur. Il ose, parfois, des incursions dans le merveilleux, mais à la manière du Grand Meaulnes, ce n'est pas pour rien qu'il vit dans ce pays de marécages et de brumes matinales. Le mystère réside dans les choses les plus simples. L'Ecole de Rochefort portera fièrement son nom, elle va fédérer une poésie qui se veut "humaine" sans tomber dans la pathos et sur un ton "moderne". Il faudra y revenir.

Paul Léautaud, l'esprit de cuisine.

Posté le 12.03.2008 par soleildanslatete
L'enseignement du Journal de Léautaud, (un mélange d'astuce, de finasserie, de médisances, une curieuse modestie à côté d'un orgueil honteux) une introspection complaisante, et quel contentement de soi dans les détails ; le tout nimbé d'un érotisme assez sordide, et pourtant on en tire de formidables leçons. Outre des portraits d'une saisissante vigueur, et sans indulgence ( mais n'est pas Saint Simon qui veut !) on trouve les traces d'une vie mesquine et affligeante. A la ressemblance de l'auteur, un mélange de Voltaire en clochard, et crispé, qui en fait une caricature. Le style en est coulé, fluide, facile, relâché mais plaisant à lire. On ne lâche plus ces pages qui ponctuent une vie de besogneux, toujours à l'ombre d' une grande figure de la littérature de son temps. On l'imagine volontiers dans son cagibis de la rue de Condé quand il travaille au Mercure de France. Ce fut l'hôtel de Beaumarchais, du temps de sa splendeur, Léautaud est du côté des cuisines.

Gabriel Paris, peintre et poète.

Posté le 12.03.2008 par soleildanslatete
Gabriel Paris, peintre et poète.

L'association peinture et poésie varie selon l'idée qu'un peintre se fait de son art et en fonction des buts qu'il s'est fixé. Revoir la peinture, la bousculer, en tirer un nouveau langage, ou, au contraire, tenter une approche (parfois modeste) des mots pour leur donner un écrin, en souligner la force, retrouver leur intimité signifiante. Alors l'image, (la forme), souvent, retrouvera la force du signe, se confondra à lui.
Chemin privilégié pour aller vers le livre : ce réceptacle des mots, dont la traitement ne se fait pas seulement au nom d'une ressemblance mais comme un territoire conquis. On s'empare du mot, le pare de toutes les splendeurs de son imaginaire
Gabriel Paris a moins tenté de révolutionner la peinture ( ce qui dans les années 5O, alors placées sous le signe de l'abstraction qu'il snobait, lui porte préjudice) que de trouver le chemin des mots pour les orner (comme l'enlumineur du moyen-âge). On lui doit des livres en intime complicité avec les poètes qu'il illustre ( René Witold par exemple) mais surtout de brillantes variations autour de textes de Raymond Queneau, Boris Vian, Michel Leiris ou François Villon. Allant jusqu'à se risquer lui même à l'exercice de la poésie.

Anthologie sentimentale

Posté le 12.03.2008 par soleildanslatete
Faiseur d'Anthologie.

Chacun fait la sienne. Un luxe réservé à ceux dont la signature peut être considérée comme un garant de qualité, constituant un appât pour le lecteur. Le sentiment de se glisser dans l'intimité, de la coudoyer dans ses choix, de l''y retrouver quand on l'admire.
Celle de Marcel Arland ? On le voit déjà, à son bureau de la NRF, faisant face à un Jean Paulhan avec lequel il débine volontiers sur les visiteurs (l'un et l'autre sont volontiers cancaniers), et notant tel ou tel poème qu'il aurait aimé déclamer sous les ombrages de sa campagne ( elle était noble et sévère, patinée par l'âge, et portant dignement un XIX° siècle de la bourgeoisie triomphante) ; celle de Jean François Revel, plus impertinente ( il n'a pas de fonction officielle, il se doit, pour conserver son image, se distinguer des autres) ; celle de Jean Rousselot (avec quelque chose de chaleureux, qui est de sa nature) ; celle, partisane, de Marcel Béalu : on n'y trouve que des poètes à la pointe de la recherche et volontiers boudés par la grand public car la question est de savoir à quel public s'adresse un choix de toute manière contestable, incomplet, et dont le caractère partisan fait justement le prix. Autrement, exhaustive ( pour autant qu'elle puisse l'être) elle est scolaire. Paul Léautaud travaille longuement la sienne, il en parle souvent dans son Journal. On le voit, ombre studieuse, dans son petit bureau de la rue de Condé, au Mercure de France.

Léautaud du temps du Petit ami.

Posté le 11.03.2008 par soleildanslatete
Elle est l'amorce de Montmartre et sa Butte triomphante. Avec quelque chose qui subsiste de la géographie des Grands Boulevards, sorte de fleuve tumultueux dont on perçoit (à l'ouïe fine) la rumeur. Un rien bourgeois encore qu'elle s'affiche populaire. L'évocation des Martyrs est liée à la plus ancienne histoire de la ville (dans sa préhistoire), et dans le ton de la légende. Saint Denis, et ses compagnons, venus de la Butte où ils furent décapités et cheminant vers la lointaine campagne à laquelle Saint Denis donnera son nom. Des rues pentues, bourdonnantes de la vie commerciale dont elles ont la vocation. Celle des Martyrs avec ses étalages de primeurs, celle de Notre dame de Lorette, plus provinciale, avec ses petits restaurants exotiques. La vie littéraire y fut ardente. Les Goncourt, des riverains, y attirent leurs amis et y voisinent avec les lorettes. Frou-frou, linge fin et vacheries au bout de la plume. L'ombre de Nerval y subsiste (il est partout) mais Paul Léautaud, enfin, y découvre la vie, les catins et la solitude dont il fera plus tard son miel. Le Petit ami raconte tout, avec impudeur. Mais le Journal fait mieux encore. Il chavire parfois dans le sordide. A se regarder ainsi, si profondément on ne tire pas que des perles, mais souvent la boue dont on est fait. Pourtant il y a de la fraîcheur dans les émois de l'enfance. Le cadre en est rendu magique. Il faut tenter l'excursion dans l'espace de ces souvenirs.
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus